Ce vendredi 21 janvier 2022 la police religieuse des talibans a menacé de tirer sur des femmes travaillant pour des ONG dans une province du nord-ouest de l’Afghanistan si elles ne portaient pas la burqa, a-t-on appris auprès d’un employé de l’organisation. La burqa est un voile intégral doté d’une grille en tissu au niveau des yeux, traditionnellement porté depuis des décennies dans les zones les plus conservatrices du pays, et dont le port était obligatoire sous le premier régime taliban (1996-2001).
Les fondamentalistes islamistes, qui avaient largement piétiné les droits humains lors de leur premier passage au pouvoir, ont repris la direction du pays à la mi-août, après 20 années d’une insurrection armée. Si les talibans, qui cherchent à être reconnus par la communauté internationale, assurent s’être modernisés, ils ont progressivement exclu les femmes de la vie publique, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale.
Par ailleurs, les femmes restent ainsi largement exclues des emplois publics, ne sont pas autorisées à faire de longs trajets sans être accompagnées par un homme de leur famille, et les écoles secondaires pour filles restent pour la plupart fermées. Si les talibans ont veillé à ne pas imposer d’édits trop stricts à l’échelon national, plusieurs mesures visant à imposer leur vision rigoriste de l’islam l’ont été dans certaines provinces.